La neige dans tous ses états

La neige confère une dimension nouvelle à la vie en montagne et cette vie lui est subordonnée; il faut alors s'adapter ou fuir. La présence de cette chape raccourcit la période de végétation et élimine nombre d'espèces végétales qui ne la supportent pas, affame les chamois, oblige les marmottes à hiberner et cantonne les animaux domestiques à l'étable ou les condamne à la transhumance.

C'est la neige qui impose une limite supérieure à l'habitat et non la température, car elle conditionne toute la vie des hommes.

Elle les condamne à un travail d'été forcené, car il faut abattre le bois, engranger des quantites de fourrage; en somme cultiver et preparer en quelques semaines tout ce qu'il faudra pour vivre ces moments d'éternite silencieux au creux de l'hiver montagnard si on ne peut se résoudre à une expatriation temporaire.

Sous l'effet de son propre poids, la neige déposée sur un terrain en pente se tasse et se métamorphose dans le même temps qu'elle glisse insensiblement vers l'aval en une lente progression qui ne peut se chiffrer qu'en millimètres ou en centimètres gagnés par jour, mais qui n'en déforme pas moins le manteau neigeux. Comme preuve de ce mouvement on trouve souvent des morceaux de bois roulés par la neige et enrobés d'herbes.

Cet affaissement irreversible tasse la neige en contrebas et arrache les végétaux avec leurs racines sur les pentes fortes, livrant le sol à l'érosion.

C'est un obstacle de taille à l'implantation de la forêt qui voit déraciner chaque hiver nombre de ses jeunes arbres; seul le flexible mélèze sait courber la tête et se replier sans trop de dommage à la fonte des neiges. La pesanteur combinée au tassement et au glissement naturel de la neige crée un état de tension permanent dans l'ensemble du manteau tiraillé entre ses ancrages amont et ce grand poids de neige entrainée vers la vallée. La force de cette tension est fonction de la pente, du poids de la neige et de sa viscosite. Elle est compensée par des forces de réaction qui maintiennent le manteau en place grâce à ses ancrages, à son frottement sur le sol et à la cohésion de la neige elle-même que renforcent les frictions entre ses cristaux.

Mais, comme tout ensemble, un manteau neigeux est assujetti à la sévère loi du facteur minimal et sa stabilité générale dépend de sa couche la moins cohérente. Une rupture de pente, le passage d'un skieur et/ou d'un animal, un brusque changement de la nature du sol pouvant être la cause de tractions insupportables pour cette partie fragile, ou encore une élévation de la température qui affaiblit brutalement la cohèsion des cristaux menacent l'équilibre de la montagne. Passé un certain seuil, le manteau se déchire et tout un pan se décroche en avalanche. Une force aveugle, purement destructrice, à l'échelle de la montagne et qui en rompt l'harmonie.

L'avalanche : un torrent de neige. D'un torrent, elle a la brutalité imprévisible et les organes :

  • une zone d'alimentation où la masse de neige se sépare du manteau ;
  • un chenal d'écoulement où elle s'engouffre en grondant vers la vallée, entraînée par son propre poids ;
  • un cône d'accumulation où son énergie vient mourir au terme de son œuvre destructrice.

       

 

Ce que vous trouverez aussi dans ce module de la Galerie Eurêka:

  • une animation vidéo sur la naissance d'un cristal de neige ;
  • une manipulation sur la limite pluie-neige;
  • une manipulation sur le manteau neigeux ;
  • une manipulation sur la densité de la neige ;
  • une maquette représentant les différentes protections (actives et passives) en matière de risque d'avalanche ;
  • une nouvelle classification des avalanches ;
  • un bonhomme de neige expliquant les différents niveaux du risque d'avalanche ;
  • un quizz permettant de tester vos connaissances sur la neige ;
  • un livret d'approffondissement sur la neige.