Le cas de Saint André
Les victimes

 

Saint-André vu par les historiens

 

• Pour Jacques Fodéré dans sa notice sur Notre-Dame de Myans publiée en 1619

Au pied de la grande montagne du Grenier, à une lieue de Chambéry, tirant au Dauphiné, environ près de là où est l'église parrochiale d'Aspre-mont, il y avait une petite ville nommée Saint-André, et au voisinage d'icelle cinq paroisses distinguées en seize villages...

Le sommet du rocher de la dite montagne de Grenier tomba en de prodigieux quartiers, au moyen desquels le prieré, la ville de Saint-André, les seize villages....

 

• Pour le Docteur Gouvert dans sa notice sur les Abîmes de Myans publiée en 1835 dans les mémoires ou la Société Royale Académique de Savoie

Il est encore probable que la Ville de Saint-André était la principale ville de ce que l'on nomme aujourd'hui la Basse Savoie, puisqu'elle était le siège des principales autorités, tant ecclésiastiques que civiles, et par celà seul on doit la présenter supérieure à Chambéry...

Il est naturel de penser que la Ville de Saint-André, seul et unique chef-lieu occupait le centre de la vallée, devait être le pot central de tous les rapports et de toutes les communications...

L'histoire nous apprend que la vallée de Saint-André, placée au pied du mont Grenier, le plus élevé de tous ceux qui c le bassin de Chambéry, était assez spacieuse et assez peuplée pour être divisée en cinq paroisses, contenir une villi en portait le nom et qui était le siège du Décanat de Savoie.

 

Pour l'incontournable Chanoine Trépier auteur des recherches historiques sur le Décanat de Saint-André et sur la ville de ce nom ensevelie, au XIIIème siècle, sous les éboulis du Mont -Granier, publiées en 1878 dans les mémoires de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Savoie.

L'ensemble des faits et circonstances connus porterait à placer la ville de Saint-André ou sur la butte elle-même, au Nord du petit hameau actuel de Saint-André, ou plutôt sur le versant oriental de la butte, à l'Est ou au Nord-est du haa de Saint-André, entre ce hameau, le lac Clair et le grand lac des Marches.

Malgré les ravages du temps et des hommes sur une bourgade ou une ville ancienne de nos contrées, il est difficile qu'un reste de monument, une inscription funéraire ou sacré, n'aient échappé à la destruction commune, pour venir redire aux générations futures que le peuple-Roi a passé par là, en y laissant profondément gravées les empreintes dsa puissance et de son génie. Ici rien de semblable. La catastrophe exceptionnelle qui fit disparaître Saint-André ensevelit, avec lui, tous les monuments, tous les témoins de feu, de bronze, de pierre ou d'argile, qui auraientpu nous révéler quelque chose de son histoire antique.

Saint-André, en effet, patrie et séjour de plusieurs chevaliers et seigneurs féodaux, Saint-André, résidence d'un chapître de chanoines reguliers, résidence surtout du doyen de Savoie, et par conséquent chef-lieu de l'administration ecclésiastique dans ce district du diocèse de Grenoble, Saint-André devait renfermer à lui seul, une bo partie des 50000 et quelques écrasés par la chute du Mont Granier.

Saint-André: l'étroite vallée comprise entre Chambéry, Saint-Alban, la Bâtie d'un coté, et l'Isère de l'autre, est encore divisée, dans le sens de la longueur, par une succession de petites collines commençant à La Ravoire et finissant aux Marches ou à Francin, en deux autres vallées secondaires: l'une à gauche, que l'on peut appeler valléee Saint-Jeoire; l'autre à droite, que l'on peut appeler vallée de Saint-Baldoph. Celle-ci dans sa partie bornée au Nord-Est par les buttes de Myans et des Marches, a seule été recouverte par les débris du Mont Granier. Elle avait pu, autrefois, s'appeler vallée de Saint-André, du nom de la principale paroisse qu'elle renfermait.

Sur le sol même recouvert aujourd'hui par les Abîmes, la tradition confirmée par de nombreux documents historiques restés longtemps ignorés, place l'antique paroisse et petite ville de Saint-André.

Au pied de cette montagne s'étalait jadis, dans la plaine, une belle et riche petite contrée, parsemée d'habitations, ici, isolées, disséminées comme au hasard; là, groupées en nombreux hameaux ou villages. A l'endroit même où la e de la montagne, après avoir formé un léger ressaut, venait mourir vers la plaine, était gracieusement assise la petille de Saint-André, dominée par son élégante église romane.

Le plus ancien document connu, qui nous parle de Saint-André et de son église, est une charte de la fin du Xème siècle et du commencement du XIème siècle.

Une église construite dans le chef-lieu du décanat, sous les yeux et par les soins du grand évêque de Grenoble et à la construction ou à la dotation laquelle tant de personnes avaient libéralement contribué avec lui, devait être sans contredit l'un des plus beaux monuments, peut-être le plus beau monument d'architecture religieuse de tout le diocèse de Grenoble, dans lequel, il faut bien le reconnaitre, la pauvreté de cette architecture contrastait singulièrement la richesse naturelle du sol. Il nous semble la voir cette magnifique église de Saint-André.

 

• Pour Abert Pachoud dans son ouvrage Notre-Dame de Myans paru en 1983

Saint-André, localité située sous le Granier, sans qu'il soit possible d'affirmer que son emplacement correspondrait lui du village actuel qui porte son nom...

Le lac de Saint-André appelé autrefois lac de Mery qui appartient jusqu'au XVIIème siècle aux dominicains de Grenoble et où, d'après la légende, l'ancienne ville de Saint-André, capitale du décanat, se trouverait engloutie.

 

• Pour l'historien Fabrice Mouthon lors de sa conférence le 5 juin 1998 dans le cadre du colloque sur l'éboulement du Graniet le sanctuaire de Myans.

e Père Fodéré et le premier pour la fin du XVIème siècle à avoir évoqué avant 1248 l'existance d'une ville de Saint-André. Hors aucun auteur du XIIIème siècle ne parle d'autre chose que d'une villae, hos ce terme ne signifie pas autre chose qu'un llage et son territoire.../...Le silence des sources savoyardes ou dauphinoises sur une ville ou un bourg de Saint-André au XIIIème siècle est également total concernat cette époque, ce qui n veut pas dire que cette ville n'ait pas existé...